Choisir un chien de battue

Choisir un chien de battue

Bien choisir son chien de battue

Pour la chasse en battue, on distingue deux philosophies: l'une d'inspiration germanique, très rigoriste, selon laquelle on emploi des chiens qui abandonnent rapidement la poursuite de l'animal, et l'autre, plutôt latine et conviviale, qui fait appel aux chiens courants. Certes, en règle générale, le gibier ajuste sa stratégie de fuite sur la menace qu'il ressent. Il est donc évident qu'avec des chiens qui ne le poursuivent pas, il tourne sur un territoire réduit et le tir est facilité. Il demeure néanmoins évident que chaque territoire, ou presque, est un cas particulier et que les habitudes locales jouent également un grand rôle.

Il convient en effet de distinguer la battue organisée sur un lot de forêt domaniale bien délimité par exemple, de celle d'une ACCA qui cherche à réaliser son plan de chasse. De plus, autrefois les battues ne se pratiquaient qu'en forêts ou dans quelques régions boisées. Aujourd'hui, on constate que de petites sociétés qui n'ont que 500 hectares boisés, voire parfois moins, organisent des traques aux chevreuils et aux sangliers.

A chaque battue, son chien

D'un point de vue technique et pratique, cela à nécessite une adaptation des moyens aux circonstances. Dans certaines régions, il est tout bonnement impensable d'utiliser des chiens courants, que leurs détracteurs qualifient de chien de "grand pied" quand ce n'est pas de chien "de désordre", pour parodier l’appellation de "chien d'ordre".Dans d'autres, se sont les "roquets" qui n'ont pas droit de cité.
La menée sonore, bruyante même, des chiens n'est pas, traumatisante pour les bêtes sauvages. Le dérangement est davantage lié à la fréquence des chasse qu'à la technique employée. Nos voisins ibériques, qui pratiquent des montérias où l'on comptent parfois des centaines de chiens, dispose de territoire bien plus giboyeux que bien des forêts françaises. Mais ils n'y chassent qu'un à deux fois par an.
D'une manière générale, les chiens de battues sont aujourd'hui très répandus. Leurs propriétaires constituent des équipes de plus en plus spécialisées auxquelles on fait appel régulièrement ou occasionnellement, en fonction des besoins ou des résultats. Il est possible d'utiliser à peu près tous les types de chiens. Certains n'hésitent pas à amener avec eux des chiens d'arrêt, des spaniels ou même de retrievers. Il s'agit là d'une utilisation peu orthodoxe de ces espèces, qui ne flatte guère leur image de marque. Parmi les petits chiens, il faut faire la nuance entre les terriers, qui chassent en houspilleurs, et les bassets, qui sont de véritable courant.

Les terriers

Très répandus dans l'Est et le Centre, les terriers évitent que les animaux ne jaillissent devant les tireurs. Ces petits chiens, mordants et hargneux, agissent par lancés et relancés successifs, pratiquant une sorte de harcèlement, tant d'ailleurs par leurs cris que par leur travail. Les plus employés sont le fox-terrier, surtout à poil dur, le jagd-terrier, d'origine allemande et,depuis quelques années, le jack-russel terrier.
Si l'on porte son choix vers ce type d'auxiliaire, il faut s'attacher à rechercher des sujets issus de lignées habituées à chasser sur terre et surtout à mener à voix. Certains club comme celui de jagd-terrier, organisent des épreuves de sélection rigoureuses. Les amateurs de terriers sont rarement confrontés au problème de devoir créancer leurs chiens puisque, de toute façon, ils ne mènent pas. Ce qui facilite d'autant leur utilisation.

Les bassets

Dans le même registre, les bassets peuvent rendre de précieux services. IL en existe cinq races françaises: m'artésien-normand, le bleu de Gascogne, le fauve de Bretagne et deux variétés de griffon vendéen, différenciées par leur taille. On doit leur associer le basset hound britanique et le dachsbracke, quelque peu employé en Alsace. A l'inverse des terriers, les bassets chassent de manière plus classique, par la voie, et fournissent une certaine musique durant la menée qui n'est pas rapide, mais peut tout de même dure une heure et plus. Si le fauve de Bretagne et les vendéens disposent d'une toison de griffon qui les avantages, les variétés à poils ras ne sont guère à l'aise à la ronce.Sorte de compromis entre terrier et courant, le teckel possède de grandes qualités, surtout dans sa variété à poil dur. Bien sélectionné par un club dynamique et disposant d'un effectif important, on peut toutefois lui reprocher un certain manque de voix et de fond. Tous ces petits chiens restent essentiellement destinés aux territoires de plaines, car dans les pays où la neige couvre le sol durant une bonne partie de la saison, leur taille et, surtout, leurs proportions les handicapent pour agir.

Les chiens courants

L'emploi de chiens courants pour les actions brèves d'une battue a de quoi surprendre les esprits cartésiens. Ces chiens, dits d'ordre, sont en fait faciles à créancer et très obéissants. C'est sans conteste un avantage majeur lorsqu'il s'agit de les arrêter à une ligne de tir, une route à grande circulation ou, tout simplement, aux bornes d'un territoire. D'un point de vue pratique, la gorge des chiens courants renseigne dans le détail sur le déroulement de l'action. C'est parfois un élément de succès déterminant dans les secteurs accidentés, vallonnés, ou encore sur les territoires où les tireurs ne peuvent fermer de petites enceinte. L'utilisation de courants est en revanche plus délicate et plus complexe que celle des chiens terriers, simples leveurs de gibier. L'attaque doit se faire autant que possible face au vent, pour que le bruit des chiens et des conducteurs ne parviennent qu'au dernier moment aux animaux, gîtés dans l'enceinte. Il y a souvent un peu de rapproché, traduit par quelques coups de gorges qui mettent leurs tireurs sur leurs gardes, puis le crescendo des récits indique que les choses prennent tournure. Même celui qui n'a pas la chance de se trouver au bon poste, ni de voir sauter le gibier à cause de la configuration du terrain, sait grâce à cela que la " chasse" est passée à tel ou tel de ses amis. Parfois même, il aura reconnu ses coups de feu. Si la menée continu, il comprend que le tir a été infructueux. Si au contraire elle s'est arrêtée, une pibole ne tardera pas à confirer qu'un animal a été abattu.

En vedette

La plupart des races de chiens courants peuvent fournir d'excellents sujets pour la battue. Les plus communément employées sont cependant de taille moyenne et les critères de choix traditionnels: le nez, la gorge et le caractère. L'anglo-français de petite vénerie, le petit bleu de Gascogne, le bruno de Jura et le porcelaine constituent de nombreuses meutes. Le briquet griffon vendéen jouit également d'une excellente réputation de chien de battue, talonné aujourd'hui par le griffon bleu de Gascogne. Quelques grands chiens connaissent aussi un certain succès. Leurs premiers avantages sont leur docilité et leur atavisme pour la poursuite du grand gibier. Mais il faut bien reconnaître que leur taille les destine presque uniquement aux territoires de forêt, car les chiens de plus de 60 cm au garrot effrayent toujours un peu les agriculteurs. On peut citer le billy et le poitevin pour les chiens d'ordre, ainsi que les gascon - saintongeois.

Les facteurs de réussite

En Fait, quelque soit le type de chien retenu, l'organisation d'une battue au grand gibier varie un peu dans sa forme, mais rarement dans son fond. Sur le plan pratique, la réussite relève de la conjonction de certains facteurs dont les chiens font partie. Le premier est la connaissance parfaite des territoires et des habitudes du gibier. Il faut ensuite déterminer si l'on chasse à la billebaude ou si l'on doit faire le pied. A l'exception des territoires très riches en animaux, on fait souvent le bois le matin me de la chasse. Cette tâche préliminaire incombe fréquemment à des chiens courants à cause de leur nez. Elle présente une certaine analogie avec la quête du valet de limiter des équipages de vénerie, sans toutefois nécessiter la même minutie. Pour une chasse ne battue, on peut se contenter d'une localisation plus approximative des animaux, préférable dans certains cas pour éviter que le gibier ne vide les enceintes avant l'attaque. C'est une spécialisation qui nécessite un certain dressage pour le chien et de grandes compétences pour son conducteur.

Les accessoires du conducteur

  • La corne : elle est appelée pibole si elle présente un petit pavillon. Elle permet de communiquer entre chasseurs et, surtout de rappeler les chiens. Elle doit être de taille suffisamment importante pour produire un son puissant, environ 40 cm, et fabriquée dans une feuille de laiton de cinq à six dixième de millimètre d'épaisseur pour résister à la rude besogne que lui imposent les hommes des bois. pour éviter qu'une brindille ne s'engage dans son embout en passant au fourré et ne compromette sa sonorité, une bonne astuce consiste à mettre un petit capuchon.
  • Des laisses souples et des couples : Elles peuvent rendre service en fin de traque.
  • La carabine ou calibre 12 : L'arme idéale du piqueur figure au catalogue de divers fabriquant.
  • La robe et le grelot : Quels que soit sa taille et son type, le chien de battue doit être facilement identifiable. Ne fusse que pour prévenir tout risque de confusion avec un gibier. Les robes claires, à dominances de blanc, sont donc tout indiquées. Mais il existe d'excellentes races à robe sombre, certaines présentent me des nuances "poils de sanglier". Un simple grelot ou une clochette placé sur le collier de ces chiens peut éviter bien des mésaventures.